Un mois, une archive [2007] Avril | Mars | Février | Janvier
1995 - L’ombre du banian, portrait d’un bibliothécaire
Coup de projecteur sur un documentaire réalisé par la Cambodgienne Prom Sophy en 1995, consacré au portrait d'un employé de la bibliothèque nationale de Phnom Penh. Un vieux monsieur entre en vélo dans le jardin qui entoure l’actuelle bibliothèque nationale de Phnom Penh. Mao Kin est un ancien membre du personnel. A l’entrée du bâtiment jaune, il évoque le violent souvenir de l’arrivée des Khmers rouges dans la capitale le 17 avril 1975 et de l’évacuation forcée. Non il ne voulait pas partir. Il avait tellement peur que la bibliothèque lui manquât. Mais comment résister à l’injonction d’un fusil qu’on arme? Son acte de rébellion sera le mensonge : se faire passer pour un simple vigile et assurer ne pas savoir où se trouvent les trois longues clés qui sont pourtant cachées dans un pot de fleurs, à quelques pas.
Prom Sophy qui a réalisé ce documentaire en couleur de 20 minutes a pris le parti de suivre Mao Kin, attaché à sa bibliothèque comme à une tendre épouse, pour raconter un bout de vie du bâtiment et rappeler les enjeux de l’accès à la lecture, à l’éducation, à la connaissance, à la culture. Son guide ne s’est jamais remis d’avoir été “chassé de la bibliothèque”, il répète son souvenir comme pour s’en purger. En vain. Il transmet aussi ses inquiétudes, ses révoltes en espérant que les générations futures prendront le relais. “Les Khmers rouges ont détruit les éléments de notre culture”, s’insurge-t-il. “Il ne nous reste plus rien.”
Ce constat n’empêche pas les employés de la bibliothèque de relever leurs manches et de redonner vie au lieu avec les moyens du bord. Ils tentent de faire oublier que le bâtiment a été transformé en porcherie et en dépôt à vaisselle par les Khmers rouges. Les livres entassés comme de gigantesques paquets de linge sale sont triés, rangés; les ouvrages mangés par les termites ou abîmés par le temps font l’objet d’une restauration; les fichiers sont vérifiés; les étagères sont époussetées dans un geste presque dérisoire tant il y a à faire. Tous ceux qui sont interrogés dans ce documentaire travaillent avec la conscience aiguë qu’ils agissent pour leurs enfants. Parmi eux la propre fille de Mao Kin désigne les piles de livres qui attendent d’être redécouverts par un lecteur curieux : “Si personne ne les utilisent, la culture est comme un mort qu’on enterre”.
“Les livres ne sont pas l’ennemi de l’humanité, plaide Mao Kin. Ils symbolisent des codes, des lois qui nous guident de génération en génération.” Penché sur un livre consacré à Angkor Wat, il feuillette l’objet précieux d’un air préoccupé : “On doit prendre soin de lui comme d’un modèle! Et puis faire le vœu qu’il soit réédité pour les étudiants.” Le but est bien de transmettre, non d’accumuler pour garder. La foi qui imprègne le discours de Mao Kin mérite en soi qu’on s’arrête sur ce documentaire et qu’on écoute : “Avec des bibliothèques, les enfants peuvent étudier, l’économie prospère, le peuple progresse. Tout part de la bibliothèque. Sans bibliothèque, l’humanité n’a aucun sens”. Une phrase à méditer à l’ombre du banian que Mao Kin a planté voilà quelques décennies devant la bibliothèque “pour accomplir son œuvre”, pour laisser une trace, pour offrir un abri végétal à ceux qui étudient, pour que la culture renaisse.
1963 - Le Cambodge aussi avait ses actualités cinématographiques
Les Actualités cambodgiennes, ce sont ces reportages en noir et blanc diffusés dans les salles de cinéma sous le Sangkum Reastr Niyum, des images tournées par les équipes de la Direction du cinéma sur le modèle des actualités cinématographiques françaises. Celles qui figurent sous le numéro 62, soit le 62e numéro hebdomadaire des actualités, se composent de cinq reportages. Le premier commente le mariage du prince Sisowath Chivanmonirak et de la princesse Norodom Soriya Roungsy, le deuxième montre le débarquement de trois chars américains, symbole de l'aide militaire apportée à l'armée royale du Cambodge, le troisième présente un astrologue cambodgien prédisant l'avenir d'une vieille femme, le quatrième s'attache à un reportage sur la couture au Cambodge et le dernier, présenté comme l'actualité internationale de cet ensemble disparate, fait le récit interminable pour les non-sportifs d'un match de football américain aux Etats-Unis entre des élèves officiers de l'armée et des marines.
"On ne voit pas de manifestation, ni de conflit, ni de plaintes des habitants, commente Meak, documentaliste du centre Bophana. C'est normal, on ne parle pas des choses négatives sur soi-même. C'est comme la télévision gouvernementale aujourd'hui. Dans les commentaires, c'est la langue courante qui est utilisée, constate également Meak. Ils sont très simples, à la portée de tous."
Ces Actualités cambodgiennes débutent par un cortège d'invités chargés de cadeaux pénétrant dans l'enceinte du Palais royal. Hommes et femmes tirés à quatre épingles viennent assister au mariage royal. Pourtant ce n'est pas cet événement officiel qui attire l'attention du téléspectateur. Il suffit d'observer Noy, documentaliste, regardant de bout en bout cette archive. D'abord elle fronce les sourcils, les propos du commentateur ayant une consonnance vieillotte. "Il parle très fort avec des mots bizarres", justifie-t-elle en se concentrant. Puis un sourire discret gagne son visage. Est-ce la musique plus légère, plus enlevée, le changement d'atmosphère? A l'écran, un voyant à l'allure joviale attrape la main gauche de la femme venue le consulter. Puis il se met à tracer énergiquement des signes astrologiques sur son ardoise avant de livrer son interprétation. Un vendeur ambulant s'est arrêté avec son thermos et ses tasses, il écoute, accroupi. La cliente rit, elle se réjouit de la prédiction qu'elle vient d'entendre. Elle tend un billet pour rémunérer ces bonnes paroles. "Aujourd'hui encore, on trouve des voyants partout. Tout le monde veut connaître son avenir. Mais je me demande pourquoi il reçoit comme ça dans un espace public. D'habitude on fait plutôt ça en cachette... Moi, si j'allais chez un voyant, je ne voudrais pas que les autres le sachent!" Ce reportage pousse Noy à s'interroger sur les formes de voyance qui ont cours désormais au Cambodge. L'ardoise, elle ne connaissait pas. Elle connaît les cartes, les baguettes chinoises et le manuscrit à la pagode. Et même si elle préfère croire en l'Homme plutôt qu'en la voyance, elle ne peut s'empêcher de penser que, parfois, certaines prédictions se réalisent...
Devant le reportage sur une école de couture, Meak apprécie les blouses blanches des enseignants, la mode cambodgienne qui met en valeur la femme khmère, et remarque que "dans cette école la pratique est d'être bien habillé". De fait, cet établissement est présenté comme un modèle. Les Actualités cambodgiennes tournées par l'équipe nationale de la cinématographie et de la propagande sont destinées à donner une image moderne et valorisante du Cambodge. Ce reportage se termine ainsi sur un défilé de mode devant seulement deux clientes, dans une boutique de Phnom Penh où les chemisiers s'alignent proprement derrière des vitrines. Noy reste interloquée par ce passage. "C'est bizarre... Ces clientes veulent peut-être acheter mais pourquoi n'essayent-elles pas elles-mêmes les habits? Ce devait être la boutique la plus célèbre de l'époque. Les ensembles sont très jolis, ils sont faits sur place. Aujourd'hui, on importe tout. On ne s'identifie plus par le vêtement alors que devant ces images, on sait tout de suite qu'on est au Cambodge."
La renaissance de la mémoire
Devant ces archives, M. Kong Kantara, ancien technicien spécialisé dans les éclairages et l'électricité aujourd'hui à la tête de la Direction du cinéma, sourit. "Après 1979, le personnel de la Direction du cinéma a ramassé des films dans la rue, se souvient-il. Ils ont été déposés dans une salle climatisée où la température ne pouvait évidemment pas être garantie. Nous pensions que les films s'étaient tellement détériorés qu'ils étaient détruits quand nous avons reçu la proposition de l'Ina de les restaurer et de réaliser des copies digitales. C'est très important et très intéressant pour les Cambodgiens car il s'agit de leur passé. Les jeunes d'aujourd'hui n'imaginent pas comment se déroulaient des fiançailles à l'époque, comment on devenait couturière, quelle était la mode... Ces images peuvent aussi servir de documents pour voir comment les gens s'habillaient dans les années 1960 par exemple. Des réalisateurs khmers pourraient y avoir recours...", s'enthousiasme Kong Kantara.
1957 La pêche miraculeuse du Tonlé Sap
Le premier plan de ce film muet en noir et blanc issu du fonds de l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) et diffusé en 1957 dans un journal télévisé de 20 heures se pose sur les visages souriants du Bayon. Pas de doute, vous êtes au Cambodge. La caméra suit ensuite un fleuve de poissons sur les immenses bas-reliefs du temple. Assurément, les scènes qui vont suivre évoqueront une tradition qui n’a pas changé depuis des siècles. La caméra glisse vers le lac Tonlé Sap, observe un pêcheur manipuler une épuisette qui fait trois fois sa taille, suit le mouvement d’un autre qui pousse sur une perche pour faire avancer sa barque jusqu’au village. Sur la rive, d’interminables filets sont suspendus à des piliers comme des vagues géantes au-dessus du sol. Le long d’un quai, des hommes coiffés d’un krama, clope au bec, s’affairent à décharger le poisson sur une plus large barque tandis que leurs collègues répartissent le produit de la pêche à coups de râteaux. Il y a aussi les poissons déversés dans des bassins, ceux que l’on remonte de cages immergées et ceux que les pêcheurs écrasent avec les pieds dans des paniers tressés.
“Les pêcheurs marchent sur les poissons pour leur enlever les écailles avant de transformer la chair en saumure, explique Em Meak, documentaliste au centre Bophana. De nos jours, certains utilisent des machines qui coupent les têtes et écaillent les poissons mais la méthode traditionnelle est toujours largement pratiquée.” Une méthode dont Chan Lida, sa collègue, ignorait tout jusqu’à récemment. “Quand j’étais petite je vivais à la campagne mais je n’ai aucun souvenir de telles pratiques. ça m’impressionne de les voir faire. Et puis le prahoc, c’est ce qu’on a dans notre assiette tous les jours!” Devant ces images, le peintre Vann Nath, venu en visiteur au centre Bophana, a raconté aux documentalistes comme le poisson abondait en effet sous le Sangkum et comment après les Khmers rouges, il lui suffisait de descendre dans l’eau pour attraper du poisson.
Comparer les montages En fin de reportage, de nouvelles images de déchargement de poissons précèdent celles des charrettes qui reprennent la route. Le spectateur en déduira que les hommes rentrent chez eux, qu’ils ne sont que des pêcheurs saisonniers. “Les poissons pêchés s’appellent ‘poissons riels’, précise Meak. Les pêcheurs leur ont donné ce nom parce qu’il y a très longtemps les riels étaient des pièces d’argent et qu’en voyant les poissons sauter hors de l’eau avec ces reflets d’argent cela leur faisait penser à leur monnaie.” En découvrant ces images, Em Meak, est lui aussi frappé par les quantités de poissons pêchés et les méthodes de pêche respectueuses de l’environnement. “Les poissons sont plus gros qu’aujourd’hui, constate-t-il. Et à l’époque les pêcheurs utilisaient des instruments traditionnels adaptés aux espèces. Aujourd’hui, les mailles des filets sont si serrées qu’ils embarquent tous les poissons et détruisent les espèces du lac.”
Une recherche sur la base d’archives Hanuman permet de dégotter un sujet tourné par une équipe de Gaumont actualités exactement au même moment. Plus court, ce document présente l’avantage d’être plus clair dans sa construction et est accompagné d’un commentaire en français. Le reportage est en partie construit à l’inverse du premier, ce qui constitue un exemple concret et frappant du rôle et de l’impact du montage d’un film sur la compréhension et l’interprétation d’un sujet. Celui-ci commence sur les temples lui aussi mais il est immédiatement suivi par le défilé des charrettes et cette explication limpide : “A chaque lune croissante de l’hiver, les paysans quittent leur terre pour aller pêcher dans les eaux poissonneuses du Tonlé Sap et apporter un complément essentiel à leur nourriture habituelle.” Ce qu’on croyait un retour dans le premier reportage est une arrivée dans le second. Le pourquoi de cet “exode” est ici décrit en mots et non en images. Les paysans se ravitaillent ainsi en poisson tous les ans et une partie de leur pêche est destinée à la fabrication du prahoc, “la pâte de poisson qui assaisonne toute l’année le repas”. Autant le premier reportage insistait sur la pêche miraculeuse par une abondance d’images de poissons, autant ce deuxième reportage s’inscrit davantage dans une description du quotidien de ces pêcheurs saisonniers sur fond de musique ronflante. Ces images ne disent pas l’odeur entêtante du poisson qui imbibe l’air ni la pénibilité de ces semaines de labeur résumées respectivement en 2 minutes 55 et 48 secondes mais ces archives constituent un repère très intéressant dans l’histoire du reportage filmé sur le Cambodge.
1899 - Les plus anciens films sur le Cambodge, de Gabriel Veyre
Pour faire (re)découvrir aux Cambodgiens leur patrimoine audiovisuel, nous proposons, chaque deuxième jeudi du mois, de présenter une archive extraite des fonds du centre Bophana, accessible au grand public.
Ils n’en croient pas leurs yeux... Jamais les visiteurs du centre Bophana n’auraient imaginé qu’il existait des films sur le Cambodge datés de 1899. Pourtant Gabriel Veyre a bien tourné ces images de “Promenades des éléphants”, de “Descente en charrettes à bœufs de la jetée d’Angkor Vat”, de “Danseuses cambodgiennes du roi Norodom”. En tout, il filme six “vues” du Cambodge réalisées à la demande de Paul Doumer, alors gouverneur de l’Indochine, dans le but d’être projetées au Phnom cambodgien à l’exposition universelle de Paris en 1900. Ces documents muets en noir et blanc durent moins d’une minute. “Pourquoi sont-ils si courts?”, interrogent souvent les visiteurs surpris. “Parce que c’est le tout début de l’histoire du cinéma...”, répondent les documentalistes du centre Bophana.
En effet, les frères Auguste et Louis Lumière, qui ont fait fortune à Lyon, en France, en inventant un procédé de photographie instantanée et en développant sa production industrielle, mettent au point leur cinématographe en 1895. Ils s’inspirent des travaux de Thomas Edison sur les images animées (le kinétoscope) pour concevoir un appareil révolutionnaire pesant moins de 5 kg et assurant à la fois les fonctions de caméra, de tireuse de films et de projecteur. L’objet, appelé “petit moulin” parce qu’il faut actionner une manivelle à la cadence de 16 à 18 images secondes (aujourd’hui les films défilent en 24 images seconde), permet en particulier de projeter des films à toute une assemblée de spectateurs, ce qui était jusque-là impossible. Il contraint aussi les réalisateurs à tourner des films courts car les “vues” d’environ 50 secondes correspondent en fait au déroulement de 17 mètres de film.
Les premières projections publiques connaissent un succès foudroyant. Pour contrôler l’exploitation de leur cinématographe, les frères Lumière organisent un système de concession : ils vendent à leurs clients des projections exclusives, le prêt d’un cinématographe et l’appui de leurs seuls techniciens contre 50% des recettes. Afin de nourrir ces projections et de justifier de leur caractère unique, ils ont l’idée d’envoyer 9 opérateurs à travers le monde pour qu’ils en rapportent des films.
Un opérateur génial Gabriel Veyre, “l’un des opérateurs recrutés par Louis Lumière moins de deux mois après la projection historique de décembre 1895 dans les salons indiens de l’hôtel Scribe”, précise le réalisateur français Bertrand Tavernier, président de l’Institut Lumière, compte parmi les plus talentueux. “J’ai envie de dire qu’il était le plus génial, insiste Bertrand Tavernier. Celui qui assimila le mieux le style, l’approche, le prodigieux sens du cadre de Louis Lumière, excellent photographe, qui sut d’emblée trouver la meilleure position pour la caméra pour filmer une inondation dans les rues de Lyon, une barque rentrant au port ou s’en éloignant. Il comprit très vite comme son maître l’importance des diagonales (que revendiquèrent ensuite des réalisateurs comme Raoul Walsh ou Griffith), de la profondeur de champ. Examinez chacun de ses films tournés au Cambodge. La caméra est toujours admirablement placée, l’angle est magnifiquement choisi pour dynamiser le mouvement. Qu’il filme un cortège de bœufs ou les cavaliers précédant le roi du Cambodge, comme ces images sont vibrantes notamment par rapport à tous les films qui suivirent pendant des années! Ces films, témoignages essentiels, nous interpellent, nous obligent à nous poser des questions. Ils nous renseignent mais surtout ils nous forcent à réagir. A tenter de reconstituer l’atmosphère, le pourquoi du tournage, ce qui est hors champ.”
Dans les lettres écrites par Gabriel Veyre au cours de ses voyages, Bertrand Tavernier lit les preuves de son “insatiable curiosité, de son ingénuité aussi”. Les films de cet homme au profil d’aventurier typique du XIXe siècle en portent aussi la marque. D’une certaine manière, leurs sujets répondent aux attentes d’exotisme du public français mais ils contiennent autre chose. “Ses films ne témoignent d’aucune condescendance. En les découvrant, des cinéastes comme Karel Reisz, Stephen Frears, Mirnal Sen, leur trouvaient des accents bunueliens, déclarant que certains d’entre eux prenaient des allures de constat, étant donné que par la force des choses et l’esprit du temps on filmait surtout les colons, les puissants. Pas toujours cependant. Veyre s’intéressait aussi au monde du travail, aux rites. Et puis une image ne pouvait être totalement contrôlée. Un bout de réalité pouvait se réintroduire en contrebande. Parfois à l’instigation de l’auteur.”
Des archives pour quoi faire?
Bertrand Tavernier, réalisateur français : “Le centre Bophana s’est lancé dans un combat primordial. La lutte contre l’oubli, ce cancer qui ronge notre esprit, les liens sociaux, la vie d’un pays. Quand on oublie son passé, on est condamné à le revivre. Les images qu'il rassemble, collecte, éclairent des zones d’ombres, stimulent notre imagination, nos questions. Sur le sens, la beauté, la crédibilité de ces images. Sur le regard qu’elles posent et qui parfois recèle autant d’informations sur le pays, les habitants filmés que sur l’état d’esprit de la personne qui filme.”
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